23.04.2008
Total et le naufrage d'un pétrolier
Procès Erika : Total condamné pour atteinte à l’environnement
Total a été imprudent en louant un pétrolier vieux et mal entretenu, le propriétaire et le gestionnaire n’auraient pas dû mégoter sur ses réparations : la justice les a condamnés à verser 192 millions d’euros pour la marée noire de l’Erika, inscrivant pour la première fois dans le droit le principe d’un préjudice écologique.
Le tribunal correctionnel de Paris a aussi condamné la société italienne Rina pour avoir délivré ses certificats de navigabilité à l’Erika. Ce jugement a aussi condamné Total SA, le gestionnaire Antonio Pollara et le Rina aux amendes maximales de 75 000 euros pour les personnes physiques et de 375 000 euros pour les personnes morales.
En ce qui concerne les indemnités : l’Etat recevra environ 154 millions d’euros, la région Bretagne 2,57 millions d’euros, Pays-de-la-Loire 2 millions d’euros, Poitou-Charentes 1 million …
C’est la première fois que les associations vont être indemnisées au titre du préjudice « d’atteinte à l’environnement ». Parmi elles, le Ligue de protection des oiseaux (LPO) touchera environ 680 000 euros, WWF-France et Greenpeace-France toucheront respectivement 33 000 euros.
Solutions proposées par Total pour éliminer les boues de l’Erika
Plusieurs solutions ont été envisagées par le groupe Total afin d’éliminer les boues collectées après le naufrage de l’Erika :
- la mise en décharge ne résolvait rien
- l’inertage n’était pas une solution facile à mettre en place
- la transformation en poudre
Au final, Total a opté pour la désorption thermique en Hollande. En effet, tout d’abord en France on manque de place dans les incinérateurs qui sont saturés avec les farines animales et squelettes d’animaux, et aussi l’usine hollandaise peut traiter l’ensemble des boues.
Ces boues issues du naufrage de l’Erika devraient donc quitter le site de Donges pour rejoindre les Pays-Bas par la voie ferroviaire, en conteneurs, sur des convois de vingt à trente wagons. En effet, c’est près de Rotterdam, dans l’usine ATM, qu’elles seront soumises à une désorption thermique, un procédé qui consiste à réchauffer les matériaux à très forte température pour extraire l’eau et brûler les hydrocarbures qu’ils contiennent.
Ce dossier présenté à la Commission locale d’information et de surveillance entre dans le cadre d’une procédure européenne et doit donc être validé par les autorités des pays de départ, d’arrivée et de transit.
Néanmoins, cette solution n’est pas approuvée par l’association Robins des Bois. En effet, celui-ci a clairement déclaré aux responsables de TotalFinaref son opposition au transfert des déchets dans un pays étranger et que d’autres solutions doivent être trouvées.
Pour l’association, tout traitement thermique des déchets d’hydrocarbures chlorés émet des dioxines. Le procédé à mettre en œuvre au Pays-Bas traite les fractions légères des hydrocarbures sans pouvoir intervenir sur les fractions lourdes des fiouls de l’Erika.
Afin de faire opposition, Robin des Bois est donc intervenue auprès des ministres néerlandais, belge et français de l’Environnement. En effet, ces trois pays doivent en effet donner leur autorisation avant tout mouvement transfrontalier.
11:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : total, catastrophe écologique





